Enigmes de la douleur... Lettre n°2

POURQUOI « la douleur » est-elle un thème d’actualité ?

NEWSLETTER n° 2 : pour préparer votre venue au colloque de Lyon énigmes de la douleur et du plaisir chez le bébé …et après 15-16 novembre 2019

La suite de la « promenade-amorce, non-exhaustive relevée au fil de l’eau de la préparation de ce colloque » par Joëlle Guglielmi-Rochette (voir NEWSLETTER n°1), ne sera pas une flânerie tranquille !

Énigmes de la douleur et du plaisir chez le bébé́ ...et après, Lyon les 15 et 16 novembre 2019

Lettre numéro 2. 30/10/2019

L’hypothèse de douleurs du « troisième type » - car logées ni strictement chez le sujet, ni dans son environnement - c’est-à-dire de DOULEURS INTERSUBJECTIVES, ou de CODOULEURS, commence à s’envisager dans plusieurs champs épistémiques, tel que la psychopathologie clinique de la dyade adulte/bébé, les recherches dites « translationnnelles » en biologie, neurosciences, anthropologie, philosophie des sciences… J’avais proposé un relevé non exhaustif mais déjà fournis de ces arguments transdisciplinaires en constante extension. (Voir dans la publication est en cours des actes du colloque d’Avignon 2018). Le lecteur curieux pourra donc parcourir ces liens. L’idée est que l’édification somato-psychique du sujet bébé passe par les aléas de cette composante ontologique d’appartenance « active-participative », « d’appartenance inférante » à un groupe humain. Piera Aulagnier parle de la contrainte à investir (autrui) qui qualifie l’être
humain. J’ajoute, en transitivité, la contrainte vitale à être investi, à être suffisamment bien investi, à se faire bien investir. L’enjeu du sujet en devenir serait bien « d’être et de rester l’agent des états mentaux des parents, d’être au coeur des schèmes de la pratique, du vivre ensemble (Ph. Descola). On concédera, dès lors, que l’agentivité précoce n’attend pas le langage verbal pour se mettre en place mais est bien là, dés les premiers gestes de parentage ! (Voir aussi dans le programme du vendredi l’exposé de Nicolas Georgieff sur les révisions d’une théorie de l’esprit qui s’était construite sous l’hégémonie aujourd’hui désuète, du « tout verbal »). Le partage, logique et rythmé, d’inférences avec les familiers « bien au courant », que sont les objets primordiaux, est aussi essentiel que les grands besoins physiologiques, et ne se réduit aucunement à la seule théorie de l’attachement. La détresse du bébé « ostracisé » par le « still face » maternel ou encore les bébés « choqués » (shoked babies !) par l’absence d’éthique de leurs expérimentateurs qui montrent des scénettes a-morales (la composante d’anti-socialité versus la coopération joyeuse serait reconnue dans des petites scènes de marionnettes dès 5 mois ! voir newsletter 1), en donne de spectaculaire démonstration ! Le paradigme de l’ostracisme (voir l’excellent article synthétique de Cursan et all ), douleur, robuste, résistante à toute atténuation, à partir de « presque rien », une simple exclusion lors d’un jeu de balle (« cyber ball »), conduit le psychanalyste « développementaliste », comme l’histo-physiologue avisé, aux confins des
mécanismes mémoriels, des mécanismes d’adaptation sociaux, de l’épigénétique, et d’un narcissisme primaire revisité. Si la douleur a des fondements intersubjectifs, la consolation sans doute aussi. Les anges de Giotto, diffractions groupales d’une gamme émotionnelle qui n’a de valeur qu’à être partagée, ici, là-bas et dans la chapelle des Scrovegni à Padoue, en donne une vision iconographique.

Rochette-Guglielmi J., 2014 « Le nouveau bébé du désordre épistémique : entre psychanalyse développement et
neurosciences », in Monographie de la Revue Française de Psychanalyse, Le Bébé en Psychanalyse (dir.) Boubli M.,
Danon-Boileau L., PUF, Paris ___2016 a. « Le bébé agent des états mentaux d’autrui », in Spirale 76, Le bébé des
neurosciences (dir) Dayan J., Toulouse, Erès___2016 b. « L’empathie « mutuelle » au coeur de l’expérience précoce :
la douleur de l’incompréhension et le sens moral chez le bébé » in L’empathie dans la relation de soin, (dir) Dugnat M.,
Toulouse, Erès ___ 2018, « Souffrance identitaire au sujet du genre et subversion théorico-clinique », in Corps et
Psychopathologie dir. Fabien Joly, Marc Rodriguez, In Press, Paris
Cursan, Anthony, Alexandre Pascual, et Marie-Line Félonneau. « L’ostracisme. Avancées scientifiques sur la
thématique d’une menace quotidienne », Bulletin de psychologie, vol. numéro 551, no. 5, 2017, pp. 383-397.

https://www.francoisloth.com/les-neurosciences-et-le-sentiment-de-libre-arbitre/
La douleur sociale fait aussi mal – psychopium
https://www.psychopium.com/?p=802
ihttps://mobile.lemonde.fr/sciences/article/2018/06/11/stimuler-son-cerveau-pour-combattre-la-douleur-lepari-
de-maryne-cotty-eslous_5312831_1650684.html?xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.com%2F

 

 

 

 

En effet la douleur dérange, indispose mais elle est aussi dans son expression crue (pleurs, lamentations, protestations) un « signal », un indicateur d’une situation exceptionnelle.
Comme le souligne Didier Cohen-Salmon que nous citons (voir extrait ci-dessous) l’éradication des phénomènes douloureux par l’usage d’antalgiques, n’annule pas la charge violente du "soin douloureux".
A. Boissel nous montera la complexité du repérage de « ce qui fait signal » chez ces nouveaunés hyper-néotènes que sont les grand-prématurés) et Nicolas Mathevon parlera d’une sémiologie des pleurs du bébé (voir lien vidéo dans la LETTRE 1)