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Melanie Klein, La psychanalyse des enfants (extrait)

Extrait du livre de Mélanie Klein La psychanalyse des enfants, chapitre II « la technique de l’analyse des jeunes enfants »

« J’ai beaucoup insisté jusqu’ici sur l’aptitude de l’enfant à un transfert spontané. Je crois que cette capacité est due en partie à l’angoisse qu’il ressent bien plus vivement que l’adulte, d’où une plus grande appréhension de sa part. C’est à dominer l’angoisse que l’enfant consacre la majeure partie de son énergie psychique, et c’est là une des plus grandes tâches, sinon la plus grande qui lui incombe. Les objets intéressent donc l’inconscient infantile surtout dans la mesure où ils engendrent ou dissipent l’angoisse ; de l’un ou l’autre de ces caractères dépend la forme positive ou négative du transfert qu’ils suscitent. Chez le jeune enfant, dont l’appréhension est très vive, le transfert négatif se traduit souvent, dès le premier abord, par une peur non dissimulée, alors que chez l’enfant plus âgé, surtout durant la période de latence, il prendra souvent l’aspect de la méfiance, de la réserve ou de l’aversion. Dans sa lutte contre la peur des objets les plus proches, l’enfant a tendance à reporter cette peur sur des objets plus éloignés, puisque le déplacement est un moyen d’écarter l’angoisse, et à voir en eux une incarnation du « mauvais » père ou de la « mauvaise » mère. C’est pourquoi l’enfant vraiment névrosé, qui vit sous la menace perpétuelle du danger, toujours à l’affût des « mauvais » parents, se sentira angoissé devant toute présence étrangère.

Nous ne devons jamais perdre de vue l’existence de cette appréhension chez les jeunes enfants, et même, dans une certaine mesure, chez le plus âgés. Une attitude positive en début d’analyse ne doit pas nous donner le change : le transfert négatif ne tardera pas à se manifester, il apparaîtra dès que surgiront des éléments complexuels. Aussitôt que l’analyste en découvre les premiers signes, il ne peut assurer le maintien de la situation analytique que s’il la rattache tant à lui même qu’aux situations et aux objets primitifs, liquidant ainsi une certaine part d’angoisse. L’interprétation, pour livrer accès à l’inconscient de l’enfant, devrait porter sur un élément du matériel inconscient qui exige une intervention urgente. Deux indices permettent de trouver ce point sensible. On tiendra compte, en premier lieu, de la répétition, sous des formes multiples et variées, du même « thème ludique » ; ainsi Peter ne cessait, durant sa première séance, de disposer les véhicules de deux manières différentes, et d’entre-choquer locomotives, attelages et chevaux. On cherchera à déterminer, en second lieu, l’intensité de l’émotion liée à ces diverses représentations, car elle donne la mesure de l’affect qui est associé à leur contenu. Si on néglige d’interpréter sur-le-champ un tel matériel, on peut rencontrer une vive résistance et une angoisse visible chez l’enfant, qui cesse alors de jouer, quand il n’exprime pas le désir de se sauver. Même dans les cas où l’analyse a commencé sous le signe d’un transfert positif, l’analyste peut donc mettre fin à l’angoisse de l’enfant, ou tout au moins l’atténuer, si l’interprétation qui s’impose a été faite en temps opportun, c’est à dire dès que le matériel apporté le permet. Nous avons déjà vu la nécessité absolue d’interpréter le plus tôt possible, quand, dès le début, apparaissent les résistances et l’angoisse, et que prédomine un transfert négatif. »

Extrait du livre de Mélanie Klein La psychanalyse des enfants, chapitre II « la technique de l’analyse des jeunes enfants », Puf, Vendôme, 1972