Cher internaute,

Nous espérons que vous trouverez dans notre site des éléments d' information, des pistes de réflexion et des axes de recherche dans le champ de la pédopsychiatrie.

  • Nous n’avons pas vocation à répondre à des demandes individuelles de conseils, d'aide et de soutien psychologique.
  • Nous ne sommes pas habilités à vous aider dans vos recherches de stages ou d’emploi dans quelque domaine que ce soit.

En revanche, nous étudierons avec plaisir les propositions de publications en ligne de vos propres recherches ou d'annonces de journées de travail dans notre domaine d’intérêt.

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L’équipe de Psynem

C. Alexandre, M.Henin, A. Vernet, De l’approche philosophique du temps dans la relation thérapeutique

 

Paraphrasant Paul Valéry4, nous pourrions sans doute écrire que « nous autres, professionnels de la santé mentale, savons bien désormais que l’homme est complexe ». C’est à dire qu’il ne saurait se réduire, ni à quelques constantes biologiques, ni à quelques processus linéaires, déterministes, conditionnels, devenus explications exclusives, que ce déterminisme soit celui de l’inconscient, des conditions socio familiales, des contextes culturels et événementiels. Aucun système conceptuel unique, par conséquent, n’est capable de l’approcher dans sa globalité et sa diversité.

C’est pourquoi notre objectif est de chercher à créer des liens, des passerelles entre plusieurs modes de pensée, et plus spécifiquement, ici, d’envisager en quoi certains concepts philosophiques permettent aussi de penser les soins psychologiques, et de les mettre en résonance avec une praxis, celle que nous nous efforçons de développer depuis un certain nombre d’années au sein d’institutions psychiatriques.

Qui pense institution pense souvent en termes de lieux, d’espaces, d’organisations, en termes d’abord sociologiques, en termes de normes, et plus rarement en termes de processus. C’est dire que si l’on peut penser en termes de durée, c’est le plus souvent à travers des comparaisons de différents états en fonction des moments, ou pour évoquer des successions d’événements, de comportements, de phénomènes, sans toujours inscrire ce qui peut faire lien entre ces phénomènes, c’est à dire la succession elle-même, qui rend palpable et possible la modification, c’est à dire le temps lui-même, donc le concept, l’abstraction, le cadre dans lequel apparaissent, disparaissent et s’orientent les événements, cette réflexion, cette pensée sur le temps étant un objet philosophique par excellence, et peut être même le seul. C’est pourquoi nous avons cherché ici à mettre au centre de nos préoccupations une réflexion philosophique sur le temps de la relation thérapeutique. Après une interrogation générale, visant à saisir une sorte d’universalité philosophique de la notion du temps, à travers le balancement du temps circulaire et du temps linéaire, de l’instant et de la durée, de l’événementiel et de l’habituel, à travers aussi ces différentes figures du temps du retour, du détour ou de la rupture, nous avons voulu l’appliquer de manière privilégiée aux groupes thérapeutiques d’adolescents ; groupes thérapeutiques, car le groupe apparaît souvent le paradigme du vécu institutionnel, du désir organisationnel, d’une illusion de statu quo, d’une prétention normative, d’un souci du cadre, donc d’une problématique du lieu et de l’espace, et non d’une problématique du temps, qu’en revanche on considérera plus facilement dans le cadre d’un suivi individuel ; adolescents, car s’il est un âge de télescopage syncrétique du temps, c’est bien celui-ci, caractérisé souvent par l’immédiateté, l’agir sans distanciation, l’ici et maintenant du désir.