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René Spitz, De la naissance à la parole, Le non et le oui (extraits)

Extrait du livre de René Spitz, De la naissance à la parole

« L'existence de la mère, sa seule présence servent de stimulus déclenchant les réponses du nourrisson ; la moindre de ses actions, aussi insignifiante soit-elle, même si elle n'a aucun rapport avec l'enfant, fait fonction de stimulus. Dans le cadre des relations objectales, les activités de la mère qui provoquent les réponses observables du nourrisson appartiennent aux formes les plus grossières et les plus facilement reconnaissables de l'interaction des stimuli au sein de la dyade. J'aborderai plus tard les formes plus subtiles de cette interaction. En attendant, je dirai que pendant la première année ce sont les expériences et actions intentionnelles qui influent probablement le plus sur le développement des divers secteurs de la personnalité du nouveau-né. L'enfant prend plaisir au processus de décharge de ses pulsions instinctuelles sous forme d'actions et quiconque a observé le comportement d'un nourrisson que l'on démaillote connaît bien la joie évidente qu'il manifeste à cette occasion. Et cette joie est encore plus grande si un partenaire, la mère, participe à ses frétillements. Ses efforts envers son partenaire sont clairement visibles et deviennent avec les semaines qui passent de plus en plus dirigés. Le succès augmentant son plaisir, il répétera jusqu'à le maîtriser tout comportement lui ayant déjà réussi. Par contre, il abandonnera les actions qui se traduisent régulièrement par un échec.

C'est une façon d'apprendre analogue au processus bien connu en psychologie de l'apprentissage par essais et erreurs, renforcé par un processus de conditionnement dont la mère n'est pas consciente. La mère préférant et facilitant les actions de l'enfant qui lui plaisent, ses préférences mêmes auront une influence directrice et exerceront un

« renforcement primaire » pour le développement de ce dernier. Si elle est tendre et maternelle, elle prendra plaisir à toutes les activités de son bébé. Ses affects, son plaisir, ses propres actions conscientes ou inconscientes facilitent celles, variées et nombreuses, de l'enfant. J'estime en outre que l'aide la plus grande est apportée au bébé non par les actions conscientes de la mère mais par ses attitudes inconscientes. »

Extrait de De la naissance à la parole, Puf, 1984, Paris