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Nous espérons que vous trouverez dans notre site des éléments d' information, des pistes de réflexion et des axes de recherche dans le champ de la pédopsychiatrie.

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Extraits de l’introduction

Sébastien Dupont et Hugues Paris, L’adolescente et le cinéma. De Lolita à Twilight, Toulouse, Érès, coll. « La Vie de l’enfant », 2013.

Lolita (Stanley Kubrick, 1962) : © Metro-Goldwyn-Mayer.

Dans les recherches sur l’adolescence de ces dernières décennies, les questions qui se rapportent spécifiquement à l’adolescence féminine, d’abord sous-considérées, ont progressivement obtenu l’attention qu’elles méritent parmi les psychologues, les psychanalystes et les sociologues. Malgré les avancées dans la compréhension de cet âge de la vie pour les filles, de multiples régions du « continent noir [1]» de la féminité adolescente restent à explorer et à interpréter.

Nous pensons, à l’instar de Freud[2], que les arts représentent une porte d’entrée privilégiée pour appréhender les phénomènes humains. Concernant l’adolescence, le cinéma s’impose comme un objet culturel particulièrement révélateur. L’histoire du 7e art est d’ailleurs intimement liée à l’émergence de l’adolescence comme âge de la vie dans nos sociétés occidentales : l’adolescent est à la fois une figure omniprésente du cinéma et l’un de ses plus fervents spectateurs.

Ce prisme du cinéma apparaît comme un canal particulièrement pertinent pour considérer le domaine plus spécifique, plus introverti et plus mystérieux de l’adolescence féminine. Entre ange et démon, femme-enfant et tentatrice, l'adolescente est une figure omniprésente du cinéma depuis les années 1950. La fascination qu'elle exerce sur les cinéastes reflète celle qu'elle suscite dans notre culture moderne. Sa beauté, son attractivité, son mystère, sa jeunesse, son innocence, le pouvoir qu'on lui prête... l'élèvent au rang d'idole de notre imaginaire collectif, une idole au statut ambigu, interdite sexuellement et pourtant exposée aux regards.

Parallèlement, les adolescentes sont des spectatrices passionnées, voire des consommatrices effrénées de films qu'elles aiment revoir encore et encore. Que viennent-elles chercher sur l'écran : projection, miroir, modèle ? En quoi les films dont elles se nourrissent participent-ils de leur construction subjective ?

Psychologues, psychanalystes, sociologues et spécialistes du septième art interrogent l'écran noir de la féminité naissante et explorent « tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les adolescentes sans oser le demander au cinéma ! »



[1] Freud, S. 1926. La question de l’analyse profane, Paris, Gallimard, 1985.

[2] Freud, S. 1907. « Le délire et les rêves dans la "Gradiva" de W. Jensen » (1907), Œuvres complètes, vol. viii, Paris, Puf, 2007, p. 44.